Conférence autour du métier de diplomate à l’occasion du 30ème anniversaire « Berne accueil »

A l’occasion du 30ème anniversaire de l’association « Berne accueil », S.Ex. M. Michel Duclos, ambassadeur de France en Suisse, a donné une conférence sur le métier de diplomate. « L’un des derniers métiers qui fascine le public », se remémore-t-il de propos tenus par un journaliste, le métier du diplomate est fait de mythes et de réalités.

JPEG - 167.1 ko
© Ambassade de France en Suisse

« Mondain », « écrivain », « aventurier » ou « associé aux maîtres du monde », l’imaginaire collectif se plait à vêtir le diplomate de différents costumes. Mais qu’en est-il réellement ? Le diplomate, rattaché au Ministère des Affaires étrangères de son pays, sert l’Etat à l’étranger ou dans sa capitale. Courageux, dévoué, vif d’esprit et fin négociateur, il ne manque pas de qualités. Finalement, il appartient à ce que l’Ambassadeur nomme une « tribu de nomades », qui partage une culture, « une certaine idée de ce à quoi doit ressembler l’action de la France dans le monde, plus un certain nombre de codes ».

Au sein de cette tribu cohabitent plusieurs types de carrières. Le rôle des consuls, qui sont des diplomates, consiste à assister leurs compatriotes à l’étranger. La carrière diplomatique, à proprement parler, est liée aux relations existant entre les Etats. Nouer ces relations est au cœur du travail d’une ambassade.

Une distinction existe également entre les postes à vocation bilatérale et les postes à vocation multilatérale. Dans un poste bilatéral, le rôle de l’ambassadeur et de ses collaborateurs est de nouer des liens avec la société et les autorités locales, ce qui suppose un minimum d’empathie. « Sinon, on se condamne à ne rien comprendre », note l’Ambassadeur. Dans les postes multilatéraux, c’est-à-dire auprès d’organisations internationales, telles que l’ONU (Organisation des Nations Unies) ou l’Union européenne, la tâche principale est la négociation, dont « les règles ne s’acquièrent qu’à l’expérience ».

Enfin, l’Ambassadeur distingue le « diplomate généraliste » du « diplomate spécialiste ». En début de carrière, un diplomate se spécialise dans un dossier (l’agriculture, la pêche, les transports, le politico-militaire, l’environnement) ou une région (le monde arabe, le Japon …). Un « agent du Département », c’est-à-dire un fonctionnaire du Quai d’Orsay, peut être conseiller culturel par exemple, avant d’occuper un poste d’Ambassadeur. C’est l’Ambassadeur qui synthétise l’apport de chaque service, de l’action des postes économique, culturel et scientifique à celle du chiffreur et des services de soutien administratif.

Cependant, la pertinence du métier n’est-elle pas mise en cause par la mondialisation ? En fait, « plus le monde s’accélère, plus le métier de diplomate et le rôle de l’ambassadeur deviennent cruciaux. », estime l’Ambassadeur. La multiplicité des informations et la complexification des relations internationales sont telles qu’elles rendent indispensable le rôle du diplomate. « Il n’y a rien de tel que de faire confiance à quelqu’un qui a été formé pour avoir un avis. Car ce qui est important, c’est d’accumuler les informations certes, mais c’est surtout d’être capable de formuler un jugement », conclut-t-il.

publié le 25/09/2013

haut de la page