L’OSBS un orchestre à découvrir

Bienne Soleure - Après avoir œuvré à Montpellier, Marco Antonio Pérez-Ramirez contribue désormais au rayonnement en Suisse et à l’international de l’Orchestre Symphonique Bienne Soleure (OSBS). Il en est le manager depuis 3 ans.

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Quel parcours vous a amené à vous installer en Suisse ?

J’ai été plusieurs années le bras droit de René Koering à l’Opéra Orchestre National de Montpellier, ainsi que pour le Festival de Radio France et de Montpellier. Quand j’ai quitté Montpellier, Kaspar Zehnder, le directeur musical de l’Orchestre Symphonique Bienne Soleure, m’a appelé.
Deux choses m’ont convaincu de venir m’installer en Suisse. D’abord, la personnalité de Kaspar Zehnder ; nous nous entendons très bien. Ensuite, lorsque je suis venu écouter l’orchestre, j’ai tout de suite pressenti qu’il y avait du potentiel.
Dès mes premiers temps à Bienne-Soleure, j’ai invité de grands noms de la musique, comme le chef d’orchestre américain Lawrence Foster, pour qu’ils viennent travailler avec l’orchestre, le pousser, et à l’issue de leur prestation, ils se sont prononcés sur la qualité de l’orchestre. Les retours de ces artistes ont confirmé mon intuition sur le potentiel de l’Orchestre Symphonique Bienne Soleure. C’est un orchestre méconnu, à découvrir absolument.

Quelles sont vos ambitions pour l’OSBS ?

Je veux un orchestre ancré dans le territoire, dans sa ville, rayonnant du local à l’international et inversement. A mon avis, l’un ne va pas sans l’autre. Aller à l’étranger nous enracine plus profondément ici, ne serait-ce que parce que nous sommes les représentants de Bienne Soleure à l’extérieur. Aussi, je suis déjà en train de programmer une tournée en Chine, qui passera par Pékin et Shangaï, entre décembre 2017 et janvier 2018.
Si l’international n’est pas un but en soi, mon objectif est de faire en sorte que l’on parle plus de l’orchestre. Il faut se montrer un peu plus. Nous avons établi une collaboration sur plusieurs années avec La Chapelle Musicale Reine Elisabeth à Bruxelles et avons participé au Music Chapel Festival toujours à Bruxelles ; l’orchestre y a fait une très belle prestation. Nous sommes aussi allés au 69e Festival de musique de Besançon, en septembre. La semaine suivante, je recevais deux appels de festivals en France qui voulaient nous programmer. On nous demande de plus en plus.
Ces programmations à l’extérieur nous poussent à maintenir un niveau élevé de l’orchestre. L’idée c’est de progresser à chaque concert, en considérant qu’il n’y a pas de petits concerts.
La pédagogie et la recherche de nouveaux publics sont aussi des choses qui me tiennent à cœur, nous essayons de développer ce secteur avec notre chargée de production Marleen Tschopp ; ces actions créent le public de demain et aussi du lien social dans la cité.
Du point de vue de la programmation artistique, nous essayons de nous démarquer. Nous proposons les grands œuvres du répertoire mais aussi d’autres un peu plus atypiques, peu connues, comme le 3e concerto de Liszt dont nous avons fait la création en Suisse, la Genesis Suite, et pas mal d’œuvres contemporaines. Le 19 octobre prochain, nous donnons à Bienne la 3e suite pour orchestre de Massenet, sous la direction d’un jeune et talentueux chef à découvrir : Andris Poga. Ce concert fera vivre des extraits de l’œuvre de Shakespeare. Nous nous réjouissons de faire entendre Massenet, compositeur peu joué, aux côtés d’œuvres plus connues comme l’ouverture Romeo et Juliette de Tchaïkovski. Un concert Shakespeare in Music à ne pas manquer.

Etes-vous attaché au développement d’échanges et de productions entre la France et la Suisse ?

Je me charge de développer la renommée de cet orchestre en Suisse et en Europe. Par mes contacts en Europe, j’ai déjà pu organiser des concerts en Belgique, en France et notre participation à d’autres festivals est en cours de programmation, à Saint-Riquier par exemple.
Par ailleurs, je fais venir de nombreux artistes du monde entier à Bienne, mais évidemment aussi des artistes français, comme tout récemment le grand violoniste et chef d’orchestre Augustin Dumay ou cette année Nathalie Stutzmann, une grande voix mais aussi une cheffe d’orchestre incroyable. J’essaie de faire des collaborations avec la France, mais je ne fais pas venir des Français parce qu’ils sont français, mais parce que ce sont des artistes de talent.

Vous êtes également compositeur. Depuis que vous êtes installé en Suisse, avez-vous pu poursuivre vos activités de création ?

Ma musique est interprétée dans le monde entier par des ensembles comme l’Orchestre National d’Ile de France, l’Orchestre Philharmonique de Radio France, l’Ensemble Intercontemporain, l’Ensemble mm (Tokyo), Kreutzer Quartet (Londres), Ensemble Kore (Canada)… Ma dernière création pour grand orchestre a eu lieu à la Philharmonie de Paris en avril 2015.
Depuis que je suis installé à Neuchâtel, je n’ai jamais arrêté de composer. Plusieurs de mes œuvres sont directement attachées à la Suisse. D’abord, la création mondiale de mon double concerto Duende qui a eu lieu au Palais de Congrès de Bienne en 2016. Et, en mai 2017, j’ai une création pour quatuor à cordes, à Genève. Par ailleurs, je participe, avec l’écriture de mon premier concerto pour clarinette, à un disque sur Dürrenmatt.

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L’orchestre à Bruxelles l’année dernière avec le chef Kaspar Zehnder et le violoncelliste américain Gary Hoffman
©Michel Cooreman Events Photography

publié le 24/10/2016

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