Le film d’animation, un solide secteur à l’exportation

Après Cannes, les professionnels de la création et de la distribution cinématographiques se retrouvent sur les bords du lac d’Annecy où se tient, du 9 au 14 juin, le festival international du film d’animation.

JPEGCet événement qui réunit chaque année plus de 7 000 professionnels du film d’animation est mondialement reconnu. Les diffuseurs y découvrent les dernières œuvres et les auteurs, en quête de financement, proposent des projets aux responsables des sociétés de production. On y détecte les nouvelles tendances, les nouvelles modes et les nouvelles techniques. Créé en 1960, le festival poursuit son développement, porté par les nouveaux médias et l’internationalisation du secteur. Né en France il y a un siècle, le film d’animation demeura longtemps dominé par les studios Disney.

C’est la multiplication des chaînes de télévision et des programmes dédiés au jeune public qui a donné une impulsion décisive au marché du film d’animation. En France, le secteur produit chaque année une dizaine de longs métrages qui connaissent un incontestable succès. Cette année, c’est notamment le cas de Minuscule, la vallée des fourmis perdues, un film coproduit et fabriqué en partie par le studio d’Angoulême 2D3D. Sorti fin janvier, il a séduit plus d’un million de spectateurs. Il a été rejoint par d’autres productions françaises de la sélection officielle du festival d’Annecy. On y retrouve La petite casserole d’Anatole, réalisé par Eric Montchaud ou La Maison de poussière, réalisé par Jean-Claude Rozec.

En abordant d’importants thèmes de société, ces films proposent davantage que de simples divertissements pour enfants et s’adressent aussi à un public adulte.

La France, leader européen du marché

« Le temps de l’artisanat est désormais bien loin, assure Patrick Eveno, président de la Citia, Cité de l’image en mouvement, société organisatrice du festival. Avec plus de 160 sociétés, et plus de 300 heures de programme télévisé par an, la France détient la troisième place mondiale et la première en Europe sur le marché du film d’animation ».

Le monde du « dessin animé » s’est donc massivement industrialisé, avec à la clé plus de 5 000 emplois, selon le syndicat des producteurs de film d’animation. 30 à 40 % de la production est distribuée à l’étranger, ce qui témoigne du succès et du dynamisme des acteurs français du secteur.

80 pays et 240 films projetés durant le festival

Les responsables de l’événement insistent sur sa dimension internationale en soulignant que plus de 80 pays y sont représentés. Depuis quelques années, de nouveaux pays investissent le marché du film d’animation. Le Brésil sera par exemple représenté au festival à travers trois films dont un en compétition officielle, Le Garçon et le monde.

Le festival se tourne également vers d’autres horizons en multipliant les partenariats. En Afrique du Sud par exemple, depuis trois ans, des projections et des rencontres sont organisées avec l’appui de l’Ambassade de France. « Des échanges gagnants-gagnants », selon Patrick Eveno qui va engager le même type d’actions à Taiwan à l’automne prochain.

Isao Takahata en ouverture

Pour cette 54ème édition, les organisateurs ont aussi souhaité mettre à l’honneur des rétrospectives mémorielles telle que la Grande guerre. Seize programmes spéciaux seront aussi dédiés au « stop motion », une technique d’animation permettant de créer un mouvement à partir d’objets immobiles. Mais surtout, le public pourra profiter de la présence du maître du genre, Isao Takahata. Le nouveau film du réalisateur du Tombeau des Lucioles a en effet été choisi pour l’ouverture de l’événement.

Le festival, qui accueille chaque année plus de 120 000 spectateurs, espère une fois encore être l’artisan du développement de nouvelles tendances. Le film d’animation gagne toujours davantage de terrain, même dans le domaine du cinéma traditionnel. De célèbres festivals de cinéma comme celui de Cannes ou de Berlin lui réservent volontiers une place. Patrick Eveno en est certain : « les prochains défis du secteur sont de trouver la bonne équation entre la « french touch » du cinéma d’animation et les attentes d’un public international ».

Barbara Leblanc

N.B : Les propos et opinions exprimés dans le présent article, qui vise à informer sur les réalités de la France contemporaine, ne revêtent aucun caractère officiel.

publié le 14/08/2014

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